Nous savions déjà qu’une certaine mollesse du symbolique de notre époque, conséquence d’une forclusion généralisée, conduit à une production de sens à tire-larigot, glissant toujours plus sur le réel. Mais à se pencher sur les moteurs de recherche et les réseaux sociaux qui prolongent nos corps et médiatisent notre rapport au monde, nous remarquons que s’ils participent à l’effondrement de l’ère du père, ils ne sont pas sans répercussions sur notre existence. En effet, nous découvrons que des « algorithmes auto-apprenants » s’ingénient à épingler nos goûts et nos jouissances à partir de nos visites sur le net, afin d’orienter nos choix en ciblant ce qui nous sera proposé comme information, savoir, objets de consommation, lien social, partenaire amoureux et/ou sexuel, etc. Plus impressionnant encore : si au départ ces algorithmes sont de fabrication humaine, de nouvelles générations d’algorithmes s’engendrent d’elles-mêmes à partir des algorithmes qui les précèdent. Ainsi se dessine une nouvelle cartographie de petites routes qui vient progressivement déloger le Nom-du-Père pour installer à sa place une boussole qui a perdu le nord…
